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Guy Duchesne

Guy Duchesne
 J'aimerais te dire que j'ai des années d'expérience. Que je viens d'une lignée de conteurs. Que le conte a toujours fait partie de moi. Mais il n'en est rien. En fait, jusqu'à tout récemment, je ne connaissais rien du conte. Je ne le cherchais donc pas. La magie de tout cela est que c'est lui qui m'a trouvé. Et il s'est mis à déferler sur mes pages blanches comme un torrent qui emportait tout sur son passage. Ou plutôt, qui apportait et portait tout, dont son message.

 Je ne suis donc pas issu d'une lignée d'orateurs, mais plutôt aratoire. Mes ancêtres, qui ont façonné et ont été façonnés par la terre, portent tout comme elle, sur leur visage et leurs mains, les mêmes sillons qu'ils imposaient à ce sol qu'ils labouraient sans cesse, toute une vie, plusieurs vies à la fois. Ce sont de ces gens que me parviennent mes contes. Originaire de la Mauricie, mes racines s’y épanouissent, encore et toujours, à proximité du village de mes ancêtres. Mes contes aussi d’ailleurs.

 J'ai toujours chéri la scène, peu importe sa taille. Je l'ai foulé en enseignement, en théâtre, en humour, en relations publiques. Mais cette fois-ci, c’est le conte qui m'y ramène. J'ai toujours su que je voyagerais par ma plume, sans savoir sur quel support elle se manifesterait. Aujourd'hui, cette plume s'est matérialisée, pour former des ailes, sur lesquelles voyagent mes personnages. Je n'ai que le petit orteil de posé sur la toute première marche d'une grande échelle, maintes fois gravie avant moi, par mes confrères et consœurs du conte. Je n'en suis qu'au début, soit, mais quel beau vertige que de quitter le sol. Quitter l'ordinaire pour l'extraordinaire.

 Voilà ce que je te propose humblement, à travers mes contes ; peindre des images sur ta toile, dans ton imaginaire, avec comme seuls outils : consonnes, voyelles et cordes vocales.

Et tant que tu lis, pourquoi ne pas en profiter pour te présenter mon spectacle de conte :

Compter les moutons pour mieux dormir avec les loups

  Mais que contient donc ce conte ? Question de faire découvrir une partie du conte de soixante-dix minutes, voici un aperçu des personnages et situations qu’il contient :

 Le tout débute en compagnie d’un enfant de 7 ans, en fait c’est moi à l’époque, et de son grand-père. À travers lui, s’exprime le lien de confiance qui existe entre les générations. Ce lien indestructible, que l’arrivée d’une meute de loup, viendra renforcer. Aller au-delà de ses peurs, voilà le message de celui-ci.

 Puis, place à Isidore, l’électron libre du village, loin d’en être le fou. On aborde ici le jugement parfois rapide que l’on porte sur les gens ‘’différents’’ mais sans qui notre environnement ne serait pas le même. Il s’agit de comprendre l’effet que l’on peut avoir sur son environnement, avec les forces et les faiblesses que l’on possède. Notre faiblesse peut être le moteur de notre changement. Courage et humilité le résument.

 Un arbre, un simple arbre qui pousse calmement au cimetière du village n’annonce probablement pas cette histoire rocambolesque mais il en est pourtant la source. Avarice et don de soi s’y côtoient. Lequel sera le plus fort ? Comment est-ce que la plus petite partie d’un être peut-elle avoir une incidence sur les autres. La promesse d’un futur meilleur malgré les embûches, disponible à qui sait l’entendre. Confiance en la vie et résilience lui donnent vie.

 Puis arrive ce cher Clovis Borduas, le plus intriguant du village, livre malgré lui son secret. Rares sont ceux qui le savent. En fait, il n’y a que lui, le jeune Avila et maintenant, vous ! Comment une chasse à l’ours viendra changer le destin de deux individus, autour d’une découverte pour le moins…enrichissante. Comment s’approprier le bien d’autrui sans qu’il n’y ait de victime. Ingéniosité, ruse et renversements sont les fils qui tissent cette aventure.

 Lieu de rassemblement, le magasin général, ayant appartenu à mes arrières grands parents, sera la scène d’un affrontement entre la vie et la mort. Est-ce qu’un village peut venir à bout de la menace de la mort qui rôde autour de ses habitants ? La force du nombre et de la conviction viendront-ils à bout d’un ennemi impalpable ? On y découvre au tournant quelques membres colorés qui forment ce village mais la survie de celui-ci n’en est pas pour autant certaine. Craintes et coopération s’y affrontent.

 Et finalement, celle qui vient boucler la boucle, matriarche solide et douce à la fois. C’est la relation entre ma grand-mère et un certain Tréflé Coutu où se côtoient la force du silence, de l’écoute et du souvenir de l’avant. Une histoire de transfert de confiance, du passé vers le futur mais surtout vers le présent. Un conte qui se résume à se dépasser, individuellement et collectivement, qui fera prendre conscience que nous sommes tous acteur, et non simple spectateur, face à notre destinée.

 Je tiens à préciser que ce spectacle est plutôt adapté à partir de 12 ans et plus car il fait référence à certains évènements du passé qui ne feront pas nécessairement écho chez les plus petits. J'aime bien jouer sur les mots et les doubles sens, sans tomber pour autant dans la vulgarité. Bref, une certaine maturité est nécessaire pour en apprécier tous les chapitres. :)

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